Langage actif ou langage passif : les clés pour augmenter son vocabulaire et sa culture générale

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Par : Nathalie Baills-Barré

Les professeurs de français et d’universités demeurent unanimes. Les élèves et les étudiants ne savent plus écrire. Les niveaux d’orthographe et de vocabulaire baissent d’année en année. En témoigne l’épreuve de français des bacs professionnels 2022 avec la méconnaissance du terme ludique. Mais comment renverser la tendance ? Faut-il augmenter son vocabulaire actif ou passif pour bien écrire et bien parler ?

Lexique ou vocabulaire ?

Dans le langage courant, les termes « lexique » et « vocabulaire » sont très souvent confondus. À tort.

Le lexique se définit par la totalité des mots d’une langue.

Le vocabulaire, quant à lui, est un extrait de ce lexique à l’oral et à l’écrit. Celui-ci dépend de chaque personne : âge, profession, lieux de naissance et d’habitation, niveau d’études…

Un être humain ne peut donc pas utiliser la totalité d’un lexique. Et d’ailleurs celui de quelle époque, puisque les langues évoluent dans le temps ? Sans compter qu’il existe une multitude de lexiques :

  • les lexiques techniques (histoire de l’art, architecture, cinéma…) ;
  • les lexiques spécialisés comme les dialectes, l’argot (banlieue, pègre…).

Apprendre la totalité d’un lexique se révélerait une tâche irréalisable. En effet, notre mémoire demeure limitée. Par ailleurs, il serait impossible d’employer tout un lexique dans le langage courant. Imaginez si vous deviez utiliser le Larousse de poche avec ses 72 000 mots ! En revanche, vous pouvez toujours essayer de vous servir du plus de mots possible au cours d’une journée pour rentrer dans le Guinness World Records.

Le vocabulaire actif

Dans la vie quotidienne, nous communiquons la plupart du temps avec les mêmes mots à l’écrit et à l’oral. C’est le langage actif que l’on appelle également « langage produit ». Il varie entre les personnes selon de multiples paramètres. Chaque individu possède un langage actif différent de son voisin.

Le nombre de mots utilisés dans le langage actif va dépendre de plusieurs critères :

  • l’éducation ;
  • la profession ;
  • la socialisation ;
  • l’appétence.

L’éducation

Plus on avance en âge, plus notre vocabulaire s’enrichit. Un enfant et un adulte n’emploieront pas le même nombre de mots dans la vie quotidienne. Du moins dans la plupart des cas.

Un étudiant aura donc normalement plus de vocabulaire qu’un lycéen, son langage s’accroissant au fur et à mesure du nombre de ses années d’études. Plus sa spécialisation sera poussée, plus son vocabulaire augmentera.

La profession

Chaque profession possède un vocabulaire spécifique, que l’on soit maçon, cuisinier ou architecte.

Un historien de l’art emploiera des mots comme « callipyge », « ithyphallique », « aérographe », « cariatide ».

Un maçon des termes tels qu’« allège », « amorce », « arase », « aplomb ».

Un journaliste, « pige », « chapô », « accroche », « marronnier », « sabrer ».

Ce vocabulaire sera le plus souvent incompréhensible pour une personne dont ce n’est pas le métier.

La socialisation

Il demeure évident que plus on apprécie de communiquer, plus le langage actif s’accroît. D’une part parce que l’on aime discuter avec des personnes provenant de tout horizon, d’autre part, parce qu’on affectionne l’échange. Il faut en effet s’adapter au vocabulaire de notre interlocuteur-trice. Une personne asociale aura donc moins de vocabulaire qu’une personne sociale. Elle n’aura pas l’envie ou le besoin de communiquer avec autrui.

Les goûts personnels

L’accroissement du vocabulaire dépend également de son goût personnel pour apprendre ou se cultiver. Une personne sans diplôme universitaire peut posséder un langage actif plus important qu’un individu avec des diplômes. Tout est affaire d’appétence. Le bagage de culture générale que chacun possède n’est pas forcément lié au nombre de ses diplômes.

Le vocabulaire passif

Le langage passif appelé aussi « langage choisi » ou dit de « culture générale » ne s’emploie pas dans la vie quotidienne. En effet, nous le connaissons ou nous croyons le connaître, mais nous ne communiquons pas avec.

Plusieurs raisons induisent sa non-utilisation :

  • nous considérons qu’il est trop formel ou non adapté à la situation ;
  • nous le connaissons, mais nous ne savons pas comment l’employer ;
  • nous croyons le connaître, mais nous ne sommes pas certain-e-s de sa signification.

Combien de mots de vocabulaire passif connaissons-nous ?

Si nous savons peu ou prou combien de mots les Français utilisent quotidiennement, qu’en est-il du vocabulaire passif ? Celui que nous connaissons, mais dont nous ne nous servons pas ?

Celui-ci s’établirait pour les lycéens entre 2 500 et 6 000 mots. Pour les adultes cultivés, il s’élèverait à 30 000. Soit la moitié d’un dictionnaire !

Un vocabulaire passif dit de culture générale

Les personnes possédant un diplôme d’études supérieures utiliseraient 20 000 mots de vocabulaire actif et 30 000 mots de vocabulaire passif. Si ces personnes passaient ces 30 000 mots en actif, ils communiqueraient avec un total de 50 000 mots, presque un dictionnaire entier ! Les cruciverbistes, ces amateurs de mots croisés, ne doivent d’ailleurs pas en être très loin.

Vocabulaire actif ou passif : ou comment accroître sa culture générale

Pour qu’un mot passe du langage passif au langage actif, il doit s’enregistrer dans la mémoire, celle dédiée au long terme.

Ce vocabulaire doit :

  • se rencontrer plusieurs fois ;
  • s’utiliser au moins sept à dix fois à l’oral et à l’écrit ;
  • s’employer dans des contextes variés et dans un temps très réduit.

Ainsi, si vous utilisez couramment un mot, celui-ci ne fera plus partie de votre vocabulaire passif, mais actif. D’où l’intérêt de varier son vocabulaire à l’oral et à l’écrit et de mémoriser les mots que vous rencontrez, mais que vous ne connaissez pas. Le mieux est d’écrire le mot sur un petit carnet avec sa définition.

Vocabulaire actif ou passif afin de mieux écrire ? Vous avez maintenant votre réponse. D’autant qu’Alain Lieury dans « Mémoire et réussite scolaire » (1991) a démontré les corrélations entre réussite scolaire et connaissance lexicale. La culture reposant sur l’apprentissage et la mémoire, le vocabulaire n’est donc pas lié à l’intelligence, mais à la culture. Une bonne façon de commencer à apprendre de nouveaux mots.

Source photo : Adobe Stock

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